L’oeil du Labyrinthe

L’oeil du Labyrinthe


…Me voilà dans un couloir. Avec des portes. Il fait chaud. Je ne vois pas la fin.

J’ouvre une porte. Elle donne sur une pièce aveugle. Peut-être carrée. Je la prends.

Une autre pièce. Aveugle aussi. Même lumière. Porte sur la gauche. Je l’ouvre.

Porte en face. Même décor. Idem pour la salle. Combien? Beaucoup trop. Je m’arrête.

Le sol est en parquet. Sombre. Les murs oranges. Chauds. Lumière tamisée. D’où vient cette lumière? Au plafond, rien. Pas de luminaire. Pas de source. Rien.

Je fais trois pas, rien. Pas un bruit. Pas même un grincement de parquet. Personne. Nulle part. Étrange

Je reviens sur mes pas. La porte est restée ouverte. Rien que cette pièce aveugle. Comme les précédentes. Comme la suivante.

Je continue. Droite. Gauche. Droite. En face. Je marque la porte. Avec un stylo.


Un stylo? Le mien, sans doute. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je continue.

Gauche. Droite. Gauche. Gauche. Droite. En face. J’examine la porte. Une marque. Au stylo. Je suis déjà passé par ici. Je fais une deuxième marque.

J’ouvre la porte suivante. Un homme. De dos. Il ouvre la porte d’en face. J’entre. Il sort. Je me précipite sur la porte. J’entre. Quelque chose cloche. … huit, neuf marques. Ce n’est pas ma porte. Je l’ouvre. L’homme ouvre déjà la suivante. Je crie. Il se fige.

Je me retourne. Un autre est derrière moi. Retourné. Sa main sur sa tempe. Je sens mes doigts me gratter la pommette.

Il s’éveilla dans un sursaut.

Fin de l’épisode…

Chers laborantins, laborantines, voici ma ponte cette semaine. L’espère que ça vous a plu, et pour continuer dans la joie et la bonne humeur après cet intermède psychédélique, le prochain défi du mardi sera l’oeuvre de Stéphane. Avec comme sujet, les hommes en pain d’épice, douceur du palais ou acte manqué de cannibalisme?

Le Monstrueux défi du mardi !

Chalut !!

Cette semaine, Kloy m’a chargé de faire naître des monstres marins et des créatures aquatiques. Voilà le résultat, pour le visionner, cliquez sur le lien Youtube ci-dessous !

https://www.youtube.com/watch?v=jWYiO1xjvyM&feature=youtu.be

Alice

Ps: pour le prochain défi deux mots: « labyrinthe » et « oeil ». De quoi faire! N’est-ce pas Thibault?!

L’empreinte du poireau // Meurtre en cuisine.

La semaine dernière Hélène et Louise C. m’ont lancé le défi suivant : réaliser une oeuvre picturale avec des légumes du jardin. Voici ma réponse.

1/ Réaliser un sacrifice humain sous le regard horrifié d’un rang d’oignons.

2/ Noyer un chou bruxellois qui a perdu la tête.

3/ Redonner des couleurs à une endive pâlichonne.

4/ Commencer le massacre.

 

5/ Contempler son oeuvre avec satisfaction.

6/ Considérer des futures possibilités de papier peint … ou de pot-au-feu.

Et je refile le poireau…heu la patate chaude à Chloé. Je la met au défi de réaliser des ornements (couronnes, colliers, bijoux …) à base de feuilles d’automne. Rendez-vous mardi prochain!

 

 

Mardi, c’est brebis !

Un sonnet sur le thème « Biquette, ô ma biquette ! »

Or, par un beau matin, le berger Céladon,
Portant sur jean étroit une simple liquette,
Vit passer sous ses yeux, paré de tous les dons
Un objet délicieux* – Biquette, ô ma Biquette !

Il se mit à trembler et à claquer des dents
Et, de comment lui plaire se mettant en quête,
Le berger Céladon, plein d’un amour ardent,
Tenta de l’attirer sur sa – sur sa banquette.

Ce n’était pas gagné. Coup de corne plus d’un
Essuya Céladon. « Berger, que vous lent qu’êtes ! »**
La bique s’énervait. Lui, vexé comme un daim
Pensa à se venger : blanquette, ô ma blanquette !

Mais il sera heureux, de l’histoire le point
Final. La passion*** nos deux héros, ah, guette !
Et là nous entendons, d’amour fort mal en point,
Céladon s’écrier : « Braguette, ô ma braguette ! »…

Notes  :
*Ne pas faire la diérèse
**Biquette est jamais rien qu’une biquette, elle cause pas si bien le français que ça – surtout quand on l’impatiente.
***Faire la diérèse.

Commentaire de l’auteur (lettre à sa copine la Marquise de Sévigné) :
« Bon, je sais, ma toute bonne, ce n’est pas un sonnet. Un sonnet serait composé de deux quatrains et de deux tercets.
Mais vous vous rendez compte ? En quatorze vers, développer tous les détails d’une action aussi riche et d’une psychologie aussi fouillée ? Je m’en suis offert seize, ça change tout. Et ça permet de mieux s’éclater avec les rimes. »

Coda

Raccourcissez le cou,
supprimez la crinière,
ajoutez une barbiche,
allongez les cornes –
et vous confectionnerez sans peine
et à peu de frais
une magnifique biquette en tricot !

 

Et la suite ?

D’un coup de sabot mutin, la biquette envoie la patate chaude à Hélène et à CLouise, avec le thème : « Dans les champs et les bois », et le souhait d’entendre une œuvre lyrique.