Le mardi c’est le pied

<< Tiens, c’est fermé ?

- La salle des pas perdus ? Oui, c’est pour une reconstitution, vous ne lisez pas les journaux ? Tenez, je vous retrouve ça … regardez.

- Mardi à 14h, émoi à la salle des pas perdus de la gare de Synovie. Un homme tombe à terre, les préposés s’approchent pour lui porter assistance … blablabla … un jeune homme visiblement pressé qui déclare à l’assistance : « pardonnez-moi, j’ai fait un faux pas » … hmm hmm, hé bien, il ne doute de rien, celui-là … emmené par les forces de l’ordre … sous le coup d’une inculpation pour faux et usage de faux, encourt jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende ?!

- Qui a dit que la justice trainait des pieds dans ce pays, hein ?

- On en voit de ces choses, de nos jours… en pleine gare, les bras m’en tombent. Enfin, la police veille, à ce qu’il semble.

- Faites quand même attention en traversant la gare, il y en a partout.

- Des faussaires ?

- Des pas perdus.

- Ils ne sont plus dans la … ?

- Eh non, avec tous ces va-et-vient d’enquêteurs, de commissaires, de commissionnaires, de commi … comment … comm… enfin, bref, ils ont du se réfugier ailleurs, un peu partout.

- Mais c’est affreux ! et on ne fait rien contre ça ? la mairie n’essaie même pas de les rattraper ?

- Oh, vous savez, la mairie préfère prendre des gants.

- La police montée, peut-être ?

- Occupée à ferrer les sabots-tueurs

- La maréchaussée, alors ?

- Prise au débotté, complètement désorganisée

- Alors, rien ?

- Rien. Enfin, pour l’instant, ils se tiennent tranquilles, tant que personne n’essaie de les poursuivre. C’est les pas chassés qui deviennent vraiment agressifs.

- Je ne vous le fais pas dire. J’ai un ami qui s’est fait encercler une fois par douze pieds sauvages. Ils lui ont tailladé le visage à coups d’ongles.

- Il s’en est tiré ?

- Il lui reste une belle césure à la moustache… Dites, vous avez l’heure ?

- 14h20

- Ah. Le train ne vas pas tarder, il va falloir que j’aille prendre mon pied

- Vous avez un pied, malgré tout ? Ca ne vous fait pas peur ?

- Non, c’est un pied domestique, bien peigné. Un panard Levasseur.

- C’est cher ça, non ?

- Ah ça… mais on ne fait pas plus docile. Bien sûr, il faut le laisser gambader, se défouler de temps en temps, ça reste une race de pieds d’extérieur, à la base. Avec la liberté chevillée au cor. C’est d’ailleurs pour ça qu’il a pris le train, pour se dégourdir les jambes à la campagne

- Et il voyage seul ?

- Non ; remarquez, il pourrait, hein, mais la compagnie vous force à prendre un accompagnateur. On vous délivre un reçu au départ, au retour vous présentez le talon. Ceci dit le service n’est pas mauvais, toilette, nourriture …

- Qu’est-ce que vous lui donnez, au votre ?

- Des petits Legos. Au début, il n’acceptait que les cailloux pointus, mais ça me revenait beaucoup trop cher de prendre du bio. On a transigé, je lui prends surtout les petits gris, là, à deux plots, ça lui va bien.

- Vous n’avez pas peur … pour sa croissance …

- Oh non, c’est déjà un costaud, je l’ai depuis 2 ans et il mesure déjà… comme ça environ

- Ah oui, un bon pied !

- Un pied deux nez, pour être précis. Il faisait juste un pouce quand je l’ai eu, un tout petit peton …

- Vous l’avez recueilli ?

- Non, non, pensez, un pied de race… je l’ai pris en piétinerie, chez Bon Pied, Bonneuil-sur-Marne, si vous voulez tout savoir. Une bonne boutique, ils vous donnent de bons conseils. Par exemple, on parlait de la nourriture ; ils vous apprennent à rester ferme dès le début : le pied mange après la main qui le nourrit, le pied ne vient pas dans le plat pour manger, le pied se mêle de sa nourriture et pas de la vôtre…

- Sacré boulot… ça a du vous faire du bien de ne plus l’avoir dans les pattes un moment.

- Oh, pour ça j’ai un truc infaillible. Vous voyez, je prends cette lanière – observez les petits crochets -, je la passe sur les épaules, comme ça, et hop, je pends mes jambes à mon cou.

 

La toute jeune rubrique hebdomadaire étant sauve, je remercie ma consultante indépendante A.-C. pour le thème suggéré pour ce Défi du Mardi n°1, et passe avec un rictus mauvais le Batôn Maudit de Contrôle des Muses + 2 à Louise B, laquelle voudra bien nous faire quelque chose en rapport avec le fenouil.

 

Le Labo règle ses contes.

Une envie de divaguer?

Préparez votre SAMEDI 28 JUIN, le Labo va à la rencontre du merveilleux.

Accueilli par LE STENDHAL, 5 rue Stendhal, 75020 Paris

Festival d’été, festival des thés, beaucoup de projets : du chant, des expos, du théâtre, des ballades contées….

Venez nombreux, entraînez vos mirettes!

On vous en dit plus d’ici quelques semaines!

Le Noël du Labo.

En ce jour béni des dieux, le 14 Décembre de l’an 13 du deuxième millénaire, le Labo s’est vu submergé par une horde d’individus, de curieux, d’amicaux…

Lancement à 18 heures et moins quinze minutes… des hurluberlus étaient en avance ! Nous les avons fait fuir à coups de balais.
Nos invités déambulaient à travers la pièce se mirant avec les bijoux colorés de Kloy, lisant la tendre Histoire de la Petite Boule de Noël, admirant les points subtils des objets de Koboe et les traits graciles des dessins de Lajeunefille.

Leurs esprits étaient ensuite happés par les couleurs enivrantes et l’odeur captivante du buffet mitonné et servi par Pierrick et Sarah mais aussi par de petites mains, rappelons-nous les crêpes si vite disparues de Vincent, la courageuse tarte aux poires de Julien…

Menu
(non exhaustif, c’est dire si c’était bon)
*
Entrées
Salade fraîche relevée
Cakes salés à la courgette, au paprika
*
Plats
Une farandole de quiche aux marrons et au foie gras,
aux poireaux, au saumon fumé, aux girolles
*
Desserts
Pain d’épices
Brownie au chocolat
Tartes aux fruits
*
Boisson
Vin blanc
Sirop de citron, jus de fruits
Vin chaud aux agrumes et à la canelle

 

Allocutions après allocutions, les curieux étaient invités à descendre des marches colimaçonnes afin de déguster des yeux les spectacles et l’exposition de dessins de Lajeunefille et les photos de Estelle.

D’abord une lecture douce et chantante du premier livre des éditions du Labo, écrit par Nina, lu par Louise C. qui poursuivait l’hypnose des spectateurs avec un conte de Noël de Paul Auster.

Louise B. arrive ensuite jouant l’histoire de ce chat douillet et avachi découvert en juillet dernier et laisse la scène pour un concert d’une heure de Pixie Rust, avec leurs compositions et des reprises de folk anglaise.

Enfin libérés, les paroles spectatrices se sont envolées pour commenter, conseiller, questionner tous ces laborantins.

« Parce que vous, êtes des spectateurs mais surtout des spect-Acteurs, qui refusent la consommation passive et qui créent cette dynamique collective » extrait d’une allocution de Louise B. révolutionnaire dans l’âme toujours très inspirée.

Le dernier pas de cette soirée fut la tombola « cadeau contre contact » où cinq personnes ont eu la chance de gagner des objets de la soirée.

En plus bref: deux expos, un marché de Noël, un chapeau, trois spectacles, des milliers de plats succulents et un vin chaud qui apaise les conflits internationaux, plus de 70 curieux, des commentaires par milliers, de la gentillesse, des sourires, de la convivialité, une bienveillance bien ficelée.

Le chapeau, grande star de la soirée doit être évoqué, grâce à vous, nous avons pu entrer dans tous nos frais et ça comprend même la limousine, le poney rose et le château en Espagne !

Merci à tous d’être venus !

Prochain rendez-vous, juillet !

 

Merci à toutes les petites mains et les grandes qui ont plié, soulevé, déplacé, prêté, choyé. Ouvert des portes avec leur carte d’identité, accroché des petites boules de Noël…

Premier livre des éditions du Labo ! Il est né le divin… euh… !

Les éditions du Labo de ficelles sont fières de vous présenter leur premier livre : L’histoire de la petite boule de Noël !

Qu’il est dur, pour une jeune décoration, d’affronter les lumières et les épines du 25 décembre…

10 euros TTC. Pour en commander un exemplaire, contactez-nous à l’adresse suivante : lelabodeficelles@gmail.com.

 

Samedi 14 Décembre ou comment boire du Vin Chaud en catimini…

Comme juillet est passé, l’été est fini et comme l’hiver, le Père Noël, l’angoisse du sapin arrivent, le Labo voulait concocter quelque chose…

Encore une soirée, cette fois au cœur de Paris, pour discuter, se rencontrer, commenter ce que vous allez:

  • Manger
  • Voir
  • Entendre
  • Toucher

Toujours dans l’idée d’une dynamique collective qui sert les projets individuels, qu’on est là pour mettre sa main à la pâte, le Labo  de Ficelles vous invite.

Oui, vous, vous tous, tout un chacun, celui qui est plus passionné par le cake aux olives que par la musique folk, celui qui a poussé la porte parce qu’il fait froid dehors, celle qui cherche désespérément ses cadeaux de Noël, de quoi se désaltérer, une chaise où s’asseoir, un amant, des câlins….

Le 14 Décembre, c’est tout ça, c’est surtout tout chaleureux, viendez donc!

La Grand-Mère

À la soirée du treize juillet deux mille treize, il y a avait un chat. Un petit chat qui racontait son histoire et quelle histoire pour ce chat douillet!

 

Imaginez un jardin décoré de fleurs et d’étoiles, habité par des âmes bienveillantes. La nuit est tombée et des images défilent sur un mur, une voix entourée de bougies commence alors…

« C’est dans une maison douillette, avec un bon feu de cheminée qui gronde et claque et pète. Et des coussins. Des coussins rouges et jaunes, avachis et confortables, comme le vieux pull qui traîne sur l’accoudoir et la casserole qui sent la confiture. Du douillet pas trop rangé mais très propre et très joli. C’est un chat qui vous le dit… »

Lors de la soirée itinérante, Louise Blanchot a présenté un conte qui s’accompagnait d’une vidéo -dont vous avez un extrait- projetée sur un mur.

Le Labo en images…

Vous avez manqué la première soirée itinérante du Labo de Ficelles? Vous vous en mordez les doigts?

Pas de panique, voici un petit aperçu de ce qui s’y est déroulé avec en bande-son une chanson de PIXIE RUST et en promenade visuelle, les dessins de La Jeune Fille.

 

 

De rencontres en découvertes, cette soirée fut mémorable. MERCI à tous ceux et celles qui l’ont rendue possible!

Chronique de la Plinthe.

Ma plinthe.

C’est un bout de terre sans début et sans fin. Une route grise part loin devant et loin derrière. Je suis dessus et j’avance le nez en l’air, mes pas réguliers. À ma droite, il y a l’assurance de ce qui est immuable, fort et grand. À ma gauche, c’est un fleuve: des couleurs, de la lumière, des ombres.Un chatoiement.

Mais je continue mon chemin. Loin devant sur ma plinthe, je fais rarement demi-tour et encore moins de bifurcation. Ma plinthe est droite, belle et aiguisée telle une flèche. Elle est longue. Pourquoi changer de route, je ne sais pas ce qu’il y a au bout de celle-ci. Alors j’avance, j’avance. Quelques arrêts puis j’arpente de nouveau cette plinthe. Ma maison. Tiens, je retrouve un élément à gauche, ça me rappelle un bout de chemin passé. Encore une fois, une fissure sur le chemin m’évoque un souvenir.

Petit à petit le paysage se mue en image parfaite du passé. Ma nostalgie me joue un tour ou je suis peut-être déjà passée par là… Impossible, la plinthe est rectiligne, une flèche vous dis-je. Et je n’ai jamais fait demi-tour. Pourtant,ma mémoire est formelle.

Un doute s’installe, petit à petit, à pas réguliers… Et si la plinthe n’avait pas de bout. Si le bout du bout est l’éternel recommencement. Et si arpenter une plinthe, c’était faire un tour? Et si…ma plinthe n’avait pas de fin ?