Le mardi, Lajeunefille est un vrai courant d’air!

La semaine dernière, Stéphane m’a mise au défi de m’interroger sur les métiers les plus brefs du monde et il y en a un que je pratique de plus en plus en ce moment : le métier de courant d’air.

# BONUS : Vous l’avez compris, je suis très occupée ces derniers temps, alors en bonus, voilà d’autres gribouillages effectués entre deux courants d’air…

Et comme je suis manifestement en pleine métamorphose(s), je mets au défi Cécile de nous écrire un petit quelque chose sur le sujet! À la semaine prochaine!

L’oeil du Labyrinthe

L’oeil du Labyrinthe


…Me voilà dans un couloir. Avec des portes. Il fait chaud. Je ne vois pas la fin.

J’ouvre une porte. Elle donne sur une pièce aveugle. Peut-être carrée. Je la prends.

Une autre pièce. Aveugle aussi. Même lumière. Porte sur la gauche. Je l’ouvre.

Porte en face. Même décor. Idem pour la salle. Combien? Beaucoup trop. Je m’arrête.

Le sol est en parquet. Sombre. Les murs oranges. Chauds. Lumière tamisée. D’où vient cette lumière? Au plafond, rien. Pas de luminaire. Pas de source. Rien.

Je fais trois pas, rien. Pas un bruit. Pas même un grincement de parquet. Personne. Nulle part. Étrange

Je reviens sur mes pas. La porte est restée ouverte. Rien que cette pièce aveugle. Comme les précédentes. Comme la suivante.

Je continue. Droite. Gauche. Droite. En face. Je marque la porte. Avec un stylo.


Un stylo? Le mien, sans doute. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je continue.

Gauche. Droite. Gauche. Gauche. Droite. En face. J’examine la porte. Une marque. Au stylo. Je suis déjà passé par ici. Je fais une deuxième marque.

J’ouvre la porte suivante. Un homme. De dos. Il ouvre la porte d’en face. J’entre. Il sort. Je me précipite sur la porte. J’entre. Quelque chose cloche. … huit, neuf marques. Ce n’est pas ma porte. Je l’ouvre. L’homme ouvre déjà la suivante. Je crie. Il se fige.

Je me retourne. Un autre est derrière moi. Retourné. Sa main sur sa tempe. Je sens mes doigts me gratter la pommette.

Il s’éveilla dans un sursaut.

Fin de l’épisode…

Chers laborantins, laborantines, voici ma ponte cette semaine. L’espère que ça vous a plu, et pour continuer dans la joie et la bonne humeur après cet intermède psychédélique, le prochain défi du mardi sera l’oeuvre de Stéphane. Avec comme sujet, les hommes en pain d’épice, douceur du palais ou acte manqué de cannibalisme?

Le Monstrueux défi du mardi !

Chalut !!

Cette semaine, Kloy m’a chargé de faire naître des monstres marins et des créatures aquatiques. Voilà le résultat, pour le visionner, cliquez sur le lien Youtube ci-dessous !

https://www.youtube.com/watch?v=jWYiO1xjvyM&feature=youtu.be

Alice

Ps: pour le prochain défi deux mots: « labyrinthe » et « oeil ». De quoi faire! N’est-ce pas Thibault?!

L’empreinte du poireau // Meurtre en cuisine.

La semaine dernière Hélène et Louise C. m’ont lancé le défi suivant : réaliser une oeuvre picturale avec des légumes du jardin. Voici ma réponse.

1/ Réaliser un sacrifice humain sous le regard horrifié d’un rang d’oignons.

2/ Noyer un chou bruxellois qui a perdu la tête.

3/ Redonner des couleurs à une endive pâlichonne.

4/ Commencer le massacre.

 

5/ Contempler son oeuvre avec satisfaction.

6/ Considérer des futures possibilités de papier peint … ou de pot-au-feu.

Et je refile le poireau…heu la patate chaude à Chloé. Je la met au défi de réaliser des ornements (couronnes, colliers, bijoux …) à base de feuilles d’automne. Rendez-vous mardi prochain!

 

 

No Future !

Je vous propose de découvrir mon premier roman « No future! »


(Il suffit de cliquer sur le nom du livre pour pouvoir le charger)

C’est un livre simple, 
Sans prétention.
Qui s’adresse à tout le monde.
Qui décrit le quotidien fidèlement.
Qui raconte la vie d’un adolescent.
21 ans.
Sans études,
Sans boulot,
Sans avenir.
Et qui essaye vainement de trouver un sens à sa vie.

C’est un livre sur ma génération,
Les conséquences de la mondialisation.
Sur la chute inévitable de notre civilisation.

Pour ceux que ça intéresse, vous pouvez obtenir une version papier reliée (mais pas gratuite malheureusement) ici : http://www.thebookedition.com/no-future–de-jeremy-jeannin-p-112721.html

Tous les retours sont les bienvenues

Bonne Lecture à tous !

Mardi, c’est brebis !

Un sonnet sur le thème « Biquette, ô ma biquette ! »

Or, par un beau matin, le berger Céladon,
Portant sur jean étroit une simple liquette,
Vit passer sous ses yeux, paré de tous les dons
Un objet délicieux* – Biquette, ô ma Biquette !

Il se mit à trembler et à claquer des dents
Et, de comment lui plaire se mettant en quête,
Le berger Céladon, plein d’un amour ardent,
Tenta de l’attirer sur sa – sur sa banquette.

Ce n’était pas gagné. Coup de corne plus d’un
Essuya Céladon. « Berger, que vous lent qu’êtes ! »**
La bique s’énervait. Lui, vexé comme un daim
Pensa à se venger : blanquette, ô ma blanquette !

Mais il sera heureux, de l’histoire le point
Final. La passion*** nos deux héros, ah, guette !
Et là nous entendons, d’amour fort mal en point,
Céladon s’écrier : « Braguette, ô ma braguette ! »…

Notes  :
*Ne pas faire la diérèse
**Biquette est jamais rien qu’une biquette, elle cause pas si bien le français que ça – surtout quand on l’impatiente.
***Faire la diérèse.

Commentaire de l’auteur (lettre à sa copine la Marquise de Sévigné) :
« Bon, je sais, ma toute bonne, ce n’est pas un sonnet. Un sonnet serait composé de deux quatrains et de deux tercets.
Mais vous vous rendez compte ? En quatorze vers, développer tous les détails d’une action aussi riche et d’une psychologie aussi fouillée ? Je m’en suis offert seize, ça change tout. Et ça permet de mieux s’éclater avec les rimes. »

Coda

Raccourcissez le cou,
supprimez la crinière,
ajoutez une barbiche,
allongez les cornes –
et vous confectionnerez sans peine
et à peu de frais
une magnifique biquette en tricot !

 

Et la suite ?

D’un coup de sabot mutin, la biquette envoie la patate chaude à Hélène et à CLouise, avec le thème : « Dans les champs et les bois », et le souhait d’entendre une œuvre lyrique.

Rentrée parlementaire au Sénat galactique – souvenirs d’été

… Il était si en colère, et si impuissant, qu’il m’a juste hurlé : « prenez des vacances et ne revenez qu’après avoir dépensé tout cet argent ! »

−       Et tu as été où ?

−       Je suis rentré chez moi, et j’ai dit à ma Twi’lek, ma petite Cressinda d’amour, « Cressi, monte dans le vol-vite, on part en vacouilles ! » et elle a crié à nos enfants Marvulipe, Tournipelle, Claradégout, Jean-Jacques, faits vos valoches, on s’en va en vadrouille ! » et on est partis.

−       Et tu es parti où ?

−       Le chauffeur a foncé sur la voie galactique B86 sur au moins quatre cent cinquante débullomètres, tandis que les enfants jouaient au galaxopoly, et que je faisais une sieste dans le vestibule.

−       Ton Flanctère Trois-mille-quatre-cent a un vestibule ?

−       Je ne t’ai pas dit ! J’ai racheté un Pédaloum-deux-cent-quatre-vingt-dix-neuf pour moitié du prix sur le marché sénatorial !

−       Incroyable ! Et où as-tu été, avec ton Pédaloum-deux-cent-quatre-vingt-dix-neuf ?

−       Quand je me suis réveillé, j’étais dans un coin de la galaxie que je ne connaissais pas, quelque part entre Jupimède et Ganothon-la-brillante. J’ai demandé au chauffeur :

« où est la ceinture d’étoiles en cuir de vache? », et il m’a répondu :

« nous l’avons dépassé il y a deux bons éons. Vous voyez le tas de brillantinettes au fond à gauche de mon pare-brise-spatiale ? C’est la galaxie voisine, Nexodora-la-lointaine. Nous sommes près de la fontaine de Pluturne, entre le bras Andouillon et la nébuleuse du clown. » Et là, je commence à comprendre. Je lui dis

« Mon dieu… Mais alors cet hexagone géologique qui flotte en face, ne serait-ce pas…

Parfaitement. Tout ce qui reste de Mameloupre, la planète-Capitale, il y a longtemps dévastée…

−       Il n’y a que ça qui est resté… J’ai visité cette planète dans mon enfance… Je me revois, courant, les tentacules au vent, les patounes nues sous le pavé de gribois noir qui tapissaient les rues de la capitale, Malmomek-la-fameuse… J’étais aussi parti en randonnée dans les terres molles, visiter les villes saintes de Thelmalacalme, d’Ankoum-sur-marécage, de Duprée-l’ancienne. Et je me rapellerais toujours, l’éclat des coléoptères, l’air pur de la cambrousse, les plantations d’herbo-croate, de patatrousses, et de rutabac, l’odeur du moultelle quand on le laisse sécher, et le lait des broutraches… Et là dessus je fond en larme sur mon chauffeur.

−       Mille milliards de milles kopreckes mouillées !

−       Alors, pour ne pas perdre la face, je lui ai dit que j’avais attrapé lors d’un de mes voyages sur Pitosphère un parasite lacrymal qui faisait pleurer mes trois yeux de temps à autres.

−       Ohoh ! Malin ! Tu n’es pas sénateur pour rien !

−       Malheureusement, il ne m’a pas cru, et, en jurant par tout les Hauts du Panthéindivons, en se signant du triangle, du pouprocelle, et de la margattine, il se posa aussi vite que possible, et me laissa là-bas.

−       Tu ne t’es pas retrouvé sur Plancktête, par hasard ?

−       Non, mais c’était tout juste. Le spatiotruc dans lequel il nous a débarqué comme des bommes était infesté de Paparomions et les collonettes électroniques avaient été mangeotées par des capricornes-nains, on a du crapahuter deux béons et demis dans les pachydermes avant de pouvoir bigaller un space-taxi en space-stand. C’était délifourchon et de terribles vacouilles.

−       Oulala… Ces vacouilles ont pas l’air top, en effet. C’est un cadeau empoisonné, un peu à la Big-Slug-Jimmy défiant Mac’Arrhoony…

−       Exactement, le genre de cadeau qu’on ne peut refuser, mais qui vous dépète à la flagueulle, comme un poste de premier-directeur-trottiste.

−       Ouaip.

−       Ouaip.

−       Ouaip.

−       Ouaip.

−       Et toi tu es parti où en vacouilles ?

−       Oh…

−       Bah…

−       Méh…

−       Ah ! Dis !

−       Hey ! Oh ! Okay.

−       Ennnh ?

−       J’ai laissé ma Gogonne décider de l’itinéraire.

−       Hahaha ! Et alors ?

−       On va d’abord voir ses cousins sur Clèsse-la-Ronde, ils vivent à Protteville, entre Oug-la-mélancolique et Prim-sur-Avance, dans un petit bongalove très mignon avec vu sur la plère. De là on a fait une randonnée dans les Montagnes du Gougniafier, et dans la plaine-plate-et-plantée-de-plantes-plumées. Après nous avons pris la navette. Et nous sommes arrivés sur la lune rousse. Le cratère de Popliterne était en éruption, et c’était la fête de la soupe à la camomille.

−       Oh ! Fameux ! J’en ai tant entendu parler !

−       Oui, c’est une fête célèbre. Il y avait des chanteurs de Razz, de Clagga, et de Bégaie-dance-hall. Mais ma femme a abusé de D-koksion, et elle a fini rouflaquette à débourailler dans les prunelles du vice-princeiller-démunicipal. Alors nous avons dû fuir en charter, retour à Clèsse-la-Ronde. Et de là, comme le plan de ma Gogonne n’avait pas marché, je voulais me remettre à décider. J’ai proposé le rodéo-sauvage de Plantula-entre-les-galaxies, les courses d’astéroïdes dans la bretelle extérieur, les bars de New-New-New-New-Mérignac, les danseuses Minilèques du Costombras Central, elle voulait absolument aller retrouver sa mère à Veuz-Oul, et de là couper via le bras de Mérymède pour arriver chez ses oncles, des baratapeurs de montagne, qui travaillent entre les exploitations de brumure de Miranda-Caillouteuse et Miranda-Rocailleuse, et parfois aussi dans les mines de cailloux et de rocaille de Bégum-trop-tard.

−       D’où ?

−       Bégum-trop-tard.

−       Waw. Vous êtes partis vraiment loin.

−       J’ai réussi à attraper un cargo transportant du bactéroïde-fumant-basse-tension, et j’ai dû nettoyer les toilettes pour gagner mon droit de passage. J’ai laissé ma femme sur place. C’était des vacances horribles.

−       Tu sais, je te comprends… Pourquoi nous, qui travaillons toute la journée, à la sueur de nos fronts boursouflés, pour faire vivre cette grande union qu’est l’Union Intergalactique, nous n’avons pas droit à des vacances décentes ? Alors que nos cœurs, nos corps, nos âmes, sont tournés tous tout entiers vers la mission sainte qui nous a été confiée, de guider ce monde vers le progrès, la réussite, la richesse, et tout ça…

−       Il n’y a plus de justice…

Les sénateurs galactiques ont l’honneur de nominer Cécile pour ce nouveau défi : elle composera un petit sonnet bien tourné sur le thème « Biquette, ô ma biquette ».

Texte : sénateur Tristan, illustration : tentacule Nina.