Mona: Quelque Chose de Dansé Pop Art

- Tu, tu… dors ? Parce que… Parce moi non. J’y arrive pas. Alors, hum.. je te regarde dormir, paupières closes, léger ronflement – oh, pardon, je, je veux dire un, un ronronnement – ton esprit et ton corps planent un peu au dessus de moi. Je, hum. Je t’entends pas penser. Je sais pas si ça m’angoisse, mais oui, oui. Oui, pour sûr tu dors.

Eh, tu dors ? Encore ? J’ai l’impression que tu t’arrêteras jamais. Et puis plus je te regarde dormir moins j’y arrive, c’est égoïste. Mais en même temps j’ai le souffle coupé, de toi, là putain. Je peux te fixer sans ciller du regard, je veux dire, je peux te dire des choses affreuses, des choses terribles dont tu ne pourras pas me blâmer. Enfin je peux te dire que je t’aime. Je peux aussi te raconter comment j’ai les mains moites quand je pense à toi, sans que tu moques. Ah c’est con hein ? Je peux te dire que je déteste ta tête de pomme le matin, parce que je, j’ai l’impression que je ne ferai rien de ma vie, que je ne sortirai plus jamais de cette chambre si tu restes là, à me regarder. Qu’un trou béant s’ouvre dans ma poitrine, que je, j’ai, j’ai l’estomac rempli de stalactites – stalactites ou stalagmites ? Je sais pas, j’ai jamais retenu la différence, tu sais toi ? Je suis sûre que tu sais – Mon corps fait des plocs, ma tête claque, mes ongles crient.

Regarde-moi, allez, regarde-moi, je te souris. Je dis des jolies choses à ton corps joli. Je te parle sans que ma raison tienne les brides de mon orgueil. Oui, bon, le, le jour je déglutis et puis je t’insulte avec ma bouche mais tu sais pas, ça, hein, que je t’étreins avec mes lèvres glacées. Je te dirai jamais ça éveillée, de la poésie de comptoir. Tu te rends comptes, tu te rendrais compte, et tu te moquerais. Ou pire tu ne saurais pas quoi dire et tu t’en irais, avec ton air bredouille et débraillé à la con, tes mains gênées et pleines d’excuses.

Là, là, pour une fois, je profite, je profite t’entends ? Non t’entends pas. Tu me fais un cadeau, tu, tu te rends pas compte, tu sais pas toi, à quel point c’est beau de parler à ton corps, ton corps tout entier, et peut-être même un peu à toi, dans un coin de ta tête muet qui ne dirais mot de notre conversation unilatérale.

Dormir si profondément, ce n’est pas possible, c’est, c’est, c’est fascinant. Une petite mort des rêves, oui, une mort élégante mais pas délicate, évidente et…oui, implacable.

Ah oui, et tu parles des fois tu sais ? Tu lances des mots, des bribes incompréhensibles sur fond de grognements sauvages. Je ris souvent quand j’en attrape une ou un. Tu prends tu sais, ta voix de petit enfant sage – à qui on aurait donné le bon Dieu sans confession quand tu veux un café le matin dans le lit – et à la fois des intonations de goule mystique.

Je, si tu savais, j’ai l’impression que tu vas dormir pour toujours. C’est drôle comme le temps se suspend et s’étire des fois. « Le temps passe vite quand on s’amuse », ouais, merde non parce qu’à cet instant précis j’affirme résolument que c’est faux. Je sais pas, c’est peut-être un peu pervers de te parler comme ça sans que tu puisses répondre. À dire vrai, je m’en fiche. Voilà c’est dit, je suis soulagée. Au moins j’aurai pas ça sur la conscience.

[Elle récite en fredonnant] Tu dors, il dort, nous dormons, vous dormez, ils dorment… J’ai le sentiment étrange que tout le monde dort et pas moi. Que tout m’est offert. Le monde même, m’est offert et je ne peux donner à personne d’autre … qu’à moi-même. Quelle solitude glorieusement inutile.

Moi je veux te donner, je veux te donner des petits bouts de moi, faire des actes stupides, des choses stupides, te faire l’amour en riant, sous la pluie et, …et, et même mieux sous l’orage, j’aime l’orage, je te l’ai jamais dit d’ailleurs. Ça m’effraie et m’excite. Je trouve ça jouissif, c’est totalement incontrôlable et on se sent tout petits face au chaos du ciel immense. Bref j’aimerais…J’aimerais bien, j’aimerais… Non, je veux, je VEUX faire tout ça, je ne veux pas que tout « ça », ça soit banal, qu’on s’éteigne comme le crépuscule en campagne – c’est joli, oui ok, mais fugace -, je veux que ça parte dans tous les sens, que ça vole en éclats, que ça éclate comme une tasse à café qui nous aurait échappé des mains le matin et qui se briserait en mille morceaux et qu’on soit étonné que ça soit possible, alors que, que cette tasse paraissait si, si banalement banale de prime abord. Je veux du moche, oui, du dégueulasse, je veux des ruptures d’anévrismes à n’en plus pouvoir tant on se manque, je veux tout ça, pas les perles de pluie comme il dit l’autre, je veux des rochers de pluie, des putains de torrents de graviers de toi, putain tu comprends ?!?

Je veux te donner… Moi.

En fait, nous, ça serait un truc, non, non, pas un truc – ne te vexe pas, il y a des charmants trucs, non je ne vais pas te faire le réquisitoire du « truc » comme le réquisitoire sur l’importance vitale que revêt le citron pour nos organes, bien que… – Ah oui, donc nous deux, ce serait un truc du style dansé Pop Art.

Oui, j’ai bien dit ça, et j’y ai bien réfléchi, un truc donc, qu’on ne saurait pas définir. Un truc qui prend des abords de paris sans solde, un peu mystérieux, et intello duquel tout le monde acquiescerait d’un même homme sans réelle illumination, un truc qui te motiverait à faire tout un monologue sans savoir ce que tu vas dire, mais qui te fais dire des choses, juste dire des choses pour lancer comme ça le mot Pop Art, parce que sinon tu ne respectes pas les termes du contrat, et tu déroges à la Règle, et la Règle, elle te rattrapera dans un coin sombre, dans une ruelle mal éclairée au sud d’Aubenas, la Règle te rattrapera.

Et je fais quoi moi, si, si tu te réveilles pas ? Je veux dire, si tu veux pas jouer le jeu, si tu échappes à la Règle ? Si tu décides de pas te battre. Parce que j’ai pas envie de terminer mes jours à Aubenas moi. Je fais quoi si tu restes là, planté là comme un piquet bienheureusement endormi ? Et pas si tu te réveilles pas tout court, mais je veux dire, tout entier ? Si je ne suis juste pas… suffisamment…assez ? Si tu es simplement tombé follement amoureux de mes fesses et de mes cheveux, que tu n’aimeras qu’une fois de temps en temps ?

Je fais quoi ? Je fais quoi hein ?! HEIN ? Et tu dors encore, j’en ai marre, merde mais tu vas JAMAIS TE REVEILLER ? PARLER PUTAIN ? Être… ÊTRE TOUT, TOUT, TOUT SIMPLEMENT TOI ? ME DONNER UN PEU ?

Me faire un cadeau mais quelle connerie… Non, une offrande… ! Ô joie d’une confidence, enfin je vous remercie Monseigneur que vous êtes magnanime, dans toute votre mansuétude vous êtes grand. Et je dirai merci EN PLUS ?! Tu sais quoi ? J’en veux pas de ton don, je suis pas Emmaüs, je suis pas une putain d’une œuvre de charité, j’ai mon orgueil –de merde certes- mais j’ai ma fierté moi Monsieur.
Et puis tu ronfles, c’est bruyant et non, non, je retire c’est pas beau, non, c’est, c’est pas beau c’est un tremblement de terre, un éboulement dévastateur désagréable comme des travaux sous la fenêtre. Ouais, POP ART DE MES FESSES, MAIS mon Dieu quelle conne. Quelle conne. Je suis VRAIMENT TROP CONNE NON ? Je retire toutes les mièvreries fleuries et dégoulinantes que je viens de débiter. Tu les mérites pas. Je les pensais pas, c’est un exercice de style, une expérience quoi. Voilà, une super expérience, merci. Merci beaucoup. Quoi ? Hein ? A bientôt hein ? « À plus » COMME ON DIT ?! TU DORS ?! HEIN TU DORS OUHOUH TU DORS ?! BIEN SÛR QUE TU DORS, TOUT LE MONDE DORT, LE POP ART DORT, EMMAÜS DORT, LE PAPE DORT, NOTRE PAYS DORT, MEME LE PUTAIN DE FICUS AU PIED DE TON LIT DORT.

- Hum ? [S’étire et sourit] Bonjour… Que tu es belle le matin.

- [Sourit, l’air de se réveiller] Hey, salut… Tu veux un café ?

Le mardi, c’est lépidoptères assortis

La Métamorphose

(C’est pas encore mardi, mais j’ai déjà fini, et j’aurai pas le temps demain)

Ce matin-là, lorsque Gregor Samsa s’éveilla, après un sommeil long, mais agité et peuplé de rêves pénibles, il se retrouva là où il s’était endormi, métamorphosé en un être inimaginable et horrifiant.
De son corps, devenu très mince, dur et raide, s’échappait un nombre incroyable de protubérances (d’appendices ? comment nommer l’innommable ?) qu’il voyait s’agiter sous ses yeux, mais auxquels il lui était complètement impossible d’imposer sa volonté. Quelle volonté, d’ailleurs : il ne voyait absolument pas à quoi ils pouvaient servir. Il essaya de se concentrer. Devant lui, il voyait, sous son ventre, s’agiter frénétiquement une multitude (dix ? huit ? il voyait trouble) de pattes d’une finesse effrayante. Il semblait bien que ce soient des pattes, il avait déjà vu des insectes qui en étaient pourvus – mais si fines ? Ça devait se casser, s’arracher au moindre effort ! Mon Dieu, se dit-il, pourquoi moi ?

Derrière ses yeux (tiens, il voyait derrière lui, maintenant ?) il y avait deux (ou quatre ?) – quoi ? Peaux ? Pétales ? Gregor Samsa n’était tout de même pas devenu une fleur ! Des lambeaux d’une matière d’une légèreté complètement déraisonnable, ça devait se déchirer au moindre courant d’air, ou au moindre mouvement, et pourtant c’était parcouru d’un frémissement qui semblait laisser présager une mise en mouvement (autonome ? Qu’il était censé diriger, lui, Gregor Samsa ?). Plus épais que la toile d’araignée, pourtant – bon, cela avait peut-être une certaine solidité. Mais ces couleurs ! Bonté divine ! Une débauche de couleurs criardes et mal assorties, taches prétendument symétriques, yeux colorés (des yeux ? Etait-il censé voir par ces yeux là aussi ? Pour le moment, en tout cas, noir total de ce côté-là). C’était moche. Et dangereux : le premier oiseau venu ne pouvait que se précipiter sur un être aussi voyant ! Et puis ça ne tenait pas ! Il voyait déjà autour de lui se déposer des traces de poussière de couleur, visiblement tombée de ses ailes. Des ailes ! Bonne mère ! C’était donc ça ! Il avait des ailes, maintenant ! Mais il n’avait pas demandé ça, lui !

Désespérée, la chenille Gregor Samsa se laissa tomber de sa feuille et versa des larmes amères.

http://www.dailymotion.com/video/xc5wcn_metamorphose_animals

La patate chaude est pour Nina et CLouise, avec pour thème : « A la rencontre de nos amis les Martiens ». Ou bien, si vous préférez, « La guerre des mondes », c’est la même chose.

Le mardi c’est le pied

<< Tiens, c’est fermé ?

- La salle des pas perdus ? Oui, c’est pour une reconstitution, vous ne lisez pas les journaux ? Tenez, je vous retrouve ça … regardez.

- Mardi à 14h, émoi à la salle des pas perdus de la gare de Synovie. Un homme tombe à terre, les préposés s’approchent pour lui porter assistance … blablabla … un jeune homme visiblement pressé qui déclare à l’assistance : « pardonnez-moi, j’ai fait un faux pas » … hmm hmm, hé bien, il ne doute de rien, celui-là … emmené par les forces de l’ordre … sous le coup d’une inculpation pour faux et usage de faux, encourt jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende ?!

- Qui a dit que la justice trainait des pieds dans ce pays, hein ?

- On en voit de ces choses, de nos jours… en pleine gare, les bras m’en tombent. Enfin, la police veille, à ce qu’il semble.

- Faites quand même attention en traversant la gare, il y en a partout.

- Des faussaires ?

- Des pas perdus.

- Ils ne sont plus dans la … ?

- Eh non, avec tous ces va-et-vient d’enquêteurs, de commissaires, de commissionnaires, de commi … comment … comm… enfin, bref, ils ont du se réfugier ailleurs, un peu partout.

- Mais c’est affreux ! et on ne fait rien contre ça ? la mairie n’essaie même pas de les rattraper ?

- Oh, vous savez, la mairie préfère prendre des gants.

- La police montée, peut-être ?

- Occupée à ferrer les sabots-tueurs

- La maréchaussée, alors ?

- Prise au débotté, complètement désorganisée

- Alors, rien ?

- Rien. Enfin, pour l’instant, ils se tiennent tranquilles, tant que personne n’essaie de les poursuivre. C’est les pas chassés qui deviennent vraiment agressifs.

- Je ne vous le fais pas dire. J’ai un ami qui s’est fait encercler une fois par douze pieds sauvages. Ils lui ont tailladé le visage à coups d’ongles.

- Il s’en est tiré ?

- Il lui reste une belle césure à la moustache… Dites, vous avez l’heure ?

- 14h20

- Ah. Le train ne vas pas tarder, il va falloir que j’aille prendre mon pied

- Vous avez un pied, malgré tout ? Ca ne vous fait pas peur ?

- Non, c’est un pied domestique, bien peigné. Un panard Levasseur.

- C’est cher ça, non ?

- Ah ça… mais on ne fait pas plus docile. Bien sûr, il faut le laisser gambader, se défouler de temps en temps, ça reste une race de pieds d’extérieur, à la base. Avec la liberté chevillée au cor. C’est d’ailleurs pour ça qu’il a pris le train, pour se dégourdir les jambes à la campagne

- Et il voyage seul ?

- Non ; remarquez, il pourrait, hein, mais la compagnie vous force à prendre un accompagnateur. On vous délivre un reçu au départ, au retour vous présentez le talon. Ceci dit le service n’est pas mauvais, toilette, nourriture …

- Qu’est-ce que vous lui donnez, au votre ?

- Des petits Legos. Au début, il n’acceptait que les cailloux pointus, mais ça me revenait beaucoup trop cher de prendre du bio. On a transigé, je lui prends surtout les petits gris, là, à deux plots, ça lui va bien.

- Vous n’avez pas peur … pour sa croissance …

- Oh non, c’est déjà un costaud, je l’ai depuis 2 ans et il mesure déjà… comme ça environ

- Ah oui, un bon pied !

- Un pied deux nez, pour être précis. Il faisait juste un pouce quand je l’ai eu, un tout petit peton …

- Vous l’avez recueilli ?

- Non, non, pensez, un pied de race… je l’ai pris en piétinerie, chez Bon Pied, Bonneuil-sur-Marne, si vous voulez tout savoir. Une bonne boutique, ils vous donnent de bons conseils. Par exemple, on parlait de la nourriture ; ils vous apprennent à rester ferme dès le début : le pied mange après la main qui le nourrit, le pied ne vient pas dans le plat pour manger, le pied se mêle de sa nourriture et pas de la vôtre…

- Sacré boulot… ça a du vous faire du bien de ne plus l’avoir dans les pattes un moment.

- Oh, pour ça j’ai un truc infaillible. Vous voyez, je prends cette lanière – observez les petits crochets -, je la passe sur les épaules, comme ça, et hop, je pends mes jambes à mon cou.

 

La toute jeune rubrique hebdomadaire étant sauve, je remercie ma consultante indépendante A.-C. pour le thème suggéré pour ce Défi du Mardi n°1, et passe avec un rictus mauvais le Batôn Maudit de Contrôle des Muses + 2 à Louise B, laquelle voudra bien nous faire quelque chose en rapport avec le fenouil.

 

Lecture et chant au festival du Labo de Ficelles, le samedi 28 juin !

« Heureusement, j’ai terminé mon séjour parisien dans le squat de la rue Stendhal où Le Labo de Ficelles organisait une journée festive. Où des filles hors mode lisaient des contes écrits au passé simple dans une prose purement classique. » Thierry Crouzet.

La recette du cake d’amour, le petit joueur de fluteau, Ulysse de retour chez lui, Blanche-Neige et les sept jockeys, Cendrillon en enfer… Merveilleux récital emmené par Céline, Hélène et les deux Louise !

Pour écouter un extrait de ce récital conté : Le voile magique, livre-affiche.

Première édition du festival du Labo de Ficelles !

Merci d’être venus nombreux au Labo règle ses contes, premier festival de notre collectif !

Si vous avez perdu votre pantoufle de verre et souhaitez remplir un formulaire,

Si vous voulez la recette du pain d’épice d’Hansel et Gretel (et celle du tajine aux panais),

Si vous avez un ogre à déclarer

Ou si vous souhaitez revoir en images et en sons toutes nos festivités, participer au collectif, en savoir plus sur nos futurs projets, nous laisser des messages

Venez vous balader sur notre site et notre page Facebook!

Bel été !

Les laborantins

 

 

 

 

Le Labo règle ses contes.

Une envie de divaguer?

Préparez votre SAMEDI 28 JUIN, le Labo va à la rencontre du merveilleux.

Accueilli par LE STENDHAL, 5 rue Stendhal, 75020 Paris

Festival d’été, festival des thés, beaucoup de projets : du chant, des expos, du théâtre, des ballades contées….

Venez nombreux, entraînez vos mirettes!

On vous en dit plus d’ici quelques semaines!

Le Noël du Labo.

En ce jour béni des dieux, le 14 Décembre de l’an 13 du deuxième millénaire, le Labo s’est vu submergé par une horde d’individus, de curieux, d’amicaux…

Lancement à 18 heures et moins quinze minutes… des hurluberlus étaient en avance ! Nous les avons fait fuir à coups de balais.
Nos invités déambulaient à travers la pièce se mirant avec les bijoux colorés de Kloy, lisant la tendre Histoire de la Petite Boule de Noël, admirant les points subtils des objets de Koboe et les traits graciles des dessins de Lajeunefille.

Leurs esprits étaient ensuite happés par les couleurs enivrantes et l’odeur captivante du buffet mitonné et servi par Pierrick et Sarah mais aussi par de petites mains, rappelons-nous les crêpes si vite disparues de Vincent, la courageuse tarte aux poires de Julien…

Menu
(non exhaustif, c’est dire si c’était bon)
*
Entrées
Salade fraîche relevée
Cakes salés à la courgette, au paprika
*
Plats
Une farandole de quiche aux marrons et au foie gras,
aux poireaux, au saumon fumé, aux girolles
*
Desserts
Pain d’épices
Brownie au chocolat
Tartes aux fruits
*
Boisson
Vin blanc
Sirop de citron, jus de fruits
Vin chaud aux agrumes et à la canelle

 

Allocutions après allocutions, les curieux étaient invités à descendre des marches colimaçonnes afin de déguster des yeux les spectacles et l’exposition de dessins de Lajeunefille et les photos de Estelle.

D’abord une lecture douce et chantante du premier livre des éditions du Labo, écrit par Nina, lu par Louise C. qui poursuivait l’hypnose des spectateurs avec un conte de Noël de Paul Auster.

Louise B. arrive ensuite jouant l’histoire de ce chat douillet et avachi découvert en juillet dernier et laisse la scène pour un concert d’une heure de Pixie Rust, avec leurs compositions et des reprises de folk anglaise.

Enfin libérés, les paroles spectatrices se sont envolées pour commenter, conseiller, questionner tous ces laborantins.

« Parce que vous, êtes des spectateurs mais surtout des spect-Acteurs, qui refusent la consommation passive et qui créent cette dynamique collective » extrait d’une allocution de Louise B. révolutionnaire dans l’âme toujours très inspirée.

Le dernier pas de cette soirée fut la tombola « cadeau contre contact » où cinq personnes ont eu la chance de gagner des objets de la soirée.

En plus bref: deux expos, un marché de Noël, un chapeau, trois spectacles, des milliers de plats succulents et un vin chaud qui apaise les conflits internationaux, plus de 70 curieux, des commentaires par milliers, de la gentillesse, des sourires, de la convivialité, une bienveillance bien ficelée.

Le chapeau, grande star de la soirée doit être évoqué, grâce à vous, nous avons pu entrer dans tous nos frais et ça comprend même la limousine, le poney rose et le château en Espagne !

Merci à tous d’être venus !

Prochain rendez-vous, juillet !

 

Merci à toutes les petites mains et les grandes qui ont plié, soulevé, déplacé, prêté, choyé. Ouvert des portes avec leur carte d’identité, accroché des petites boules de Noël…

Samedi 14 Décembre ou comment boire du Vin Chaud en catimini…

Comme juillet est passé, l’été est fini et comme l’hiver, le Père Noël, l’angoisse du sapin arrivent, le Labo voulait concocter quelque chose…

Encore une soirée, cette fois au cœur de Paris, pour discuter, se rencontrer, commenter ce que vous allez:

  • Manger
  • Voir
  • Entendre
  • Toucher

Toujours dans l’idée d’une dynamique collective qui sert les projets individuels, qu’on est là pour mettre sa main à la pâte, le Labo  de Ficelles vous invite.

Oui, vous, vous tous, tout un chacun, celui qui est plus passionné par le cake aux olives que par la musique folk, celui qui a poussé la porte parce qu’il fait froid dehors, celle qui cherche désespérément ses cadeaux de Noël, de quoi se désaltérer, une chaise où s’asseoir, un amant, des câlins….

Le 14 Décembre, c’est tout ça, c’est surtout tout chaleureux, viendez donc!

La Grand-Mère

À la soirée du treize juillet deux mille treize, il y a avait un chat. Un petit chat qui racontait son histoire et quelle histoire pour ce chat douillet!

 

Imaginez un jardin décoré de fleurs et d’étoiles, habité par des âmes bienveillantes. La nuit est tombée et des images défilent sur un mur, une voix entourée de bougies commence alors…

« C’est dans une maison douillette, avec un bon feu de cheminée qui gronde et claque et pète. Et des coussins. Des coussins rouges et jaunes, avachis et confortables, comme le vieux pull qui traîne sur l’accoudoir et la casserole qui sent la confiture. Du douillet pas trop rangé mais très propre et très joli. C’est un chat qui vous le dit… »

Lors de la soirée itinérante, Louise Blanchot a présenté un conte qui s’accompagnait d’une vidéo -dont vous avez un extrait- projetée sur un mur.

La Rue Aux Enfants de la Tribu

Toujours ce 26 Mai 2013… au bord de la Seine au dents d’Ourcq sauvage et polissonne.

Voilà l’histoire, la vraie, celle qui a marqué la poussière d’étoiles de ses murmures, celle qui a révolté l’âme des tendres astéroïdes et qui a adouci la pluie de météorites aux alentours du Mississippi…

« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

ils étaient sept, pas cinq, ni huit mais sept, sept comme les portes d’Acunlutar, dieu de la fournaise, sept comme le sommeil d’Estry la Belle et sept comme les origines de la vie…

De gauche à droite, le VieuxVieux Chaman, la Liseuse des Estoiles et X, le Fou.

C’était dans un monde. Sur une planète magnifique, époustouflante aux mille couleurs, incroyablement belle. Vous pouviez voir une forêt équatoriale avec des arbres gigantesque, sur lesquels on pouvait bâtir des maisons. De grandes feuilles, des fleurs qui servaient de parapluie, des lianes comme escaliers. Toutes les couleurs existaient à l’état naturel.

Les habitants aimaient la technologie et vivaient grâce à elle. Ils firent un pacte avec les arbres : ils fournissaient de quoi créer, développer les inventions des humains et ceux-ci donnaient de l’engrais, les cajolaient. Pour communiquer ce qu’ils voulaient aux arbres, ils chantaient. Le chant était un mélange de sons de la nature et de mots. Grâce à lui, les arbres produisaient d’eux-mêmes des habits tissés de leurs écorces, des toits de leurs vieilles branches.

Mais un jour, les humains s’aperçurent que le cri plutôt que le chant permettait de produire plus, plus vite. Ils développèrent alors une grande agressivité contre les arbres qui de terreur produisaient par jour des centaines d’habits, outils, objets!

Mais cette rudesse assécha la vie des arbres qui dépérissaient et finirent par mourir.

Petit à petit, tous les arbres de la planète pourrissaient sur place, enlevant aux humains tous leurs moyens de survie.

Avec cette pourriture ambiante, une forme de vie immonde se développa : un nuage de toxines qui dévorait toute la vie qu’elle soit végétale ou animale… Le nuage s’infiltrait dans les organismes et développait toute la pourriture des êtres vivants qui devenaient fous, méchants et cannibales.

Les humains tombaient par dizaines dans la toile maléfique du nuage toxique. Quelques survivants fuyaient vers des parties de la planète encore saines. C’est là que la Tribu commença à se former. D’irréductibles humains survivants. Ces individus recherchaient à travers leurs voyages le moyen soit de résorber le nuage soit de quitter la planète.

Ils étaient sept…le VieuxVieux Chaman, le Ragoûtmaître, la Liseuse des Estoiles, le Polyfaiseur, le Temposov, le Gardien et X le Fou… »

Le Labo de Ficelles a proposé aux enfants zet grands un voyage conté et improvisé. Le projet de la Tribu a donc trouvé corps lors de la Rue Aux Enfants où Stéphane Dudret, Raphaël Dirani et Louise Blanchot incarnaient trois nomades à la recherche d’une oreille bienveillante tandis qu’Émeline Porcu, Estelle Legros, Céline Baquié et Nina Blanchot tenaient un ateliers de bidouilles en matériaux de récupération qui évoquaient les pérégrinations des trois extraterrestres.Voici le sac poisson, design d’Émeline Porcu.

Voici le sac poisson, design d'Émeline Porcu